3 - Description de la Flore et de la Faune

3.1 - Flore


Durant presque tout le Pliocène, entre 5 et 3,2 Ma, le littoral européen se distingue par une forêt dense, de type subtropical, à l'atmosphère humide et relativement chaude, y compris en hiver (Beaulieu et Suc, 1985). Ainsi, à la famille des Cupressacées, avec le genre Taxodium (cyprès chauve), de l'ordre des Pinales, se joignent les Myricacées (Myrica/myrte des marais), de l'ordre des Fagales, les Nyssacées (Nyssa/tupelo), de l'ordre des Cornales, et les Symplocacées (Symplocos), de l'ordre des Ericales. Toujours à la même période, le hauturier européen se caractérise par des forêts sempervirentes, de type tropical, avec les familles des Juglandacées (Engelhardtia), des Hamamélidacées et des Lauracées (laurisylve). En Europe du Sud, les laurisylves orientent vers l'établissement régulier d'un rythme saisonnier, avec une période estivale alors moins arrosée. En Europe du Nord, les Pinophytes comme les Pinales, du genre Taxodium (Cyprès), se mêlent aux Magnoliophytes, comme les Cornales, du genre Nyssa, et se localisent le long des marécages. Tout autour, se retrouvent répartis d'autres Pinales, tel que le genre Sequoia (séquoia), au côté d'autres Magnoliophytes, cette fois de l'ordre des Fagales, tels que les genres Alnus (aulne), Carya (caryer), Carpinus (charme), Fagus (hêtre) et Quercus (chêne).

A partir de 3,5 Ma (Plaisancien), les découvertes palynologiques confirment un rafraichissement généralisé, avec une diminution globale des espèces subtropicales, tout en soulignant la présence d'espèces très sensibles à la chute brutale des températures. D'autre part, les Pinophytes (conifère), des familles des Pinacées (Abies/sapin, Pinus/pin, Taxodium/cyprès), qui se concentrent en altitude, indiquent une zone de refroidissement localisée. Ainsi, tandis que les conifères se limitent aux latitudes élevées et les forêts tempérées à feuilles caducifoliées aux latitudes moyennes, l'Antarctique n'est quasiment plus qu'un désert glacé. Alors, certains fossiles foliaires indiquent une adaptation climatique avec la génération de feuilles réduites, sur des ordres telles que les Fagales, avec des espèces comme Carpinus pliocenica (charme) et Fagus pliocenica (hêtre), mais, aussi, telles que les Ginkgoales, avec une espèce comme Ginkgo adiantoides. Egalement circonscrites autour de l'équateur, la plupart des forêts tropicales laissent place à des savanes (Beaulieu et Suc, 1985). Cela étant, les sites méditerranéens, tels que retrouvés en Europe du Sud (Pichegu), indiquent une bonne résistance des Fagales (Carpinus/charme), des Laurales (Cinnamomum/camphrier) et des Saxifragales (Liquidambar). Ailleurs, les familles de Lauracées (ordre des Laurales) et d'Hamamélidacées (ordre des Saxifragales) périclitent au profit des familles de Fagales, telles que les Bétulacées (Alnus/aulne), les Juglandacées (Carya) et les Fagacées (Quercus/chêne), alors plus adaptées à un climat tempéré.

Signe d'un assèchement plus marqué, à partir de 3,2 Ma (Plaisancien), une grande partie des séquoias et des cyprès chauves disparaissent d'Europe méridionale. Aussi, une première avancée glaciaire arctique encourage l'expansion des forêts boréales de conifères. Cela étant, adapté à un climat tempéré mais craignant le gel, à cause de leur caractère particulièrement hydrophile, les Pinales, tels que les genres Sequoia et Sciadopitys, sont fortement fragilisés. Lors de la transition Plio-Pléistocène, de façon moins exceptionnelle qu'in extremis, le gisement d'Oensingen, en Suisse, enregistre camphriers, lauriers et palmiers.

Ainsi, les formations d'herbacées conquièrent progressivement l'Europe, avec les familles des Poacées, des Cypéracées et des Ericacées, pour le nord, et les familles des Astéracées (Artemisia/amoise) et des Chénopodiacées, pour le sud (Beaulieu et Suc, 1985). De même, la flore boisée des marais du sud disparaît peu à peu. Globalement, quand les Pinales (conifères) et la toundra tapissent les latitudes de l'hémisphère nord, les Poales (herbes) dominent sur la majorité des continents restants, de la savane à la steppe. Il y a 2,7 Ma, la toundra recouvre tout le Groenland. Aussi, selon la paléogéographie, les cycles de glaciation enregistrent des données différenciées, avec une palynologie propre à l'Europe du Nord et une autre propre à l'Europe du Sud (Zagwijn, 1974). Cela étant, l'enregistrement de forêts caducifoliées et de forêts boréales, indique encore des alternances (Popescu et al., 2010) de réchauffement interglaciaire (Prétiglien, Tiglien et Waalien) et de refroidissement glaciaire (Eburonien et Ménapien). Quand les latitudes hautes se refroidissent, la sécheresse augmente et, à l'inverse, quand elle se réchauffe la pluviométrie augmente. Ainsi, durant les deux phases de glaciation du Pléistocène inférieur, soit entre 2,1 et 1,8 Ma (Eburonien) et entre 1,5 et 1,2 Ma (Ménapien), tandis qu'au Pays-Bas une végétation de type toundra, caractérisée par des formations basses de mousses, de lichens, de plantes vivaces caducifoliées et d'arbrisseaux (bouleau nain), s'installe, en Europe méridionale, une végétation de type steppe froide s'installe pareillement. Alors, en indiquant une toundra au nord de l'Europe et une steppe au sud, la palynologie confirme, qu'au maximum glaciaire, la glace ne conquiert que l'Europe du Nord (Zagwijn, 1974 ; Vernet, 1985).

Mammifère


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